GUERRE AU MALI. Du riffifi dans les relations franco-tchadiennes: le Tchad répond au mépris de la France.
Publié le 4 mars 2013
Alors que la France ne cesse de
mettre en cause les déclarations tchadiennes sur la mort des
djihadistes Abou Zeid et Mokhtar Belmokhtar, on se demande bien à quoi
joue Paris. Sans se nommer, les deux pays se livrent une guerre des communiqués. Le
ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian, a franchi la ligne
jaune, montrant le mépris qu’ont les Français face aux Africains. Dans
une interview, hier, il a déclaré: « Une rumeur répétée à l’envi ne fait
pas une information, et le ministre de la Défense ne doit pas parler au
conditionnel. J’en appelle à la prudence et à l’esprit de
responsabilité à l’égard d’indications que nous ne sommes pas en mesure
de confirmer matériellement à ce stade ».
Bref, le ministre français demande à un
président, simplement parce qu’il est africain, de se taire. Sans
apporter un quelconque soutien à Idriss Deby Itno, il faut avouer que
cette attitude doit faire réfléchir ceux qui, à tort ou à raison,
s’associent avec ces gens-là, qui les méprisent. Comment comprendre une
telle attitude ? Croire qu’on a toujours raison est déraison. Paris
n’hésite plus à dire que le régime tchadien n’étant pas démocratique, le
président Idriss Déby Itno veut redorer son blason. Néanmoins, ce
dernier a envoyé sur place son propre fils, le général Mahamat Deby
Itno, 29 ans tout de même-un vrai paradoxe-, dirige les opérations au
Mali. Bon, « Aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre des années », diront les partisans du président tchadien…
Le Ministre tchadien de l’Information et
de la Communication, porte-parole du Gouvernement, Hassan Sylla Bakari a
réaffirmé hier, dimanche, que son pays le Tchad avait perdu plus de 20
hommes, et que le Tchad n’était pas un faire-valoir:
« Nous ne parlons pas dans le vide. Nous allons présenter prochainement des prisonniers, des lieutenants qui étaient avec eux (chefs islamistes), des armes. ».« Nous parlons car nous sommes présents militairement au Mali. Nous avons perdu beaucoup de Tchadiens. Nos hommes sont courageux, ils se battent au corps à corps ».
En réalité, ce qui se passe sur le
terrain et que personne ne révèle, c’est que la France, qui a toujours
voulu le beau rôle, a envoyé l’armée malienne où elle pensait qu’il ne
pouvait y avoir les chefs terroristes. Mal lui en a pris, le Tchad est
victorieux dans cette zone très escarpée du massif montagneux et
aride de l’Adrar des Ifoghas dans la zone de Kidal, étendu sur près de
250 000 km2.
Donc, les deux armées ne peuvent se voir
mais communiquent néanmoins. L’armée tchadienne ne reçoit aucune
instruction de l’armée française et vice-versa. Comme
nous l’annoncions dès la probable mort d’Abou Zeid, ce que confirment
par ailleurs et en privé des officiers supérieurs français, préférant
rester anonymes, L’Elysée est courroucée et le président tchadien Idriss
Deby Itno ne parle plus, préférant désormais envoyer ses proches au
front médiatique…
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