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jeudi 19 juillet 2012

Mort d'Omar Souleiman, l'éminence grise de Moubarak?????


Mort d'Omar Souleiman, l'éminence grise de Moubarak

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Par Pierre PrierMis à jour  | publié  Réactions (2)
Omar Souleiman, alors candidat à la présidentielle, en avril 2012.
Omar Souleiman, alors candidat à la présidentielle, en avril 2012. Crédits photo : © Asmaa Waguih / Reuters/REUTERS

Omar Souleiman, ancien espion en chef de Hosni Moubarak, est mort jeudi à 77 ans. Il fut l'un des hommes les plus puissants du Proche-Orient.

Le général égyptien Omar Souleiman, mort à 77 ans jeudi dans un hôpital américain, fut l'éminence grise de l'ex-président Hosni Moubarak, le véritable numéro deux de l'ancien régime, l'homme de confiance des États-Unis dans le monde arabe, le négociateur entre les groupes palestiniens et Israël, bref l'un des hommes les plus puissants du Proche-Orient.
Donné depuis longtemps comme un successeur possible de Moubarak, cet homme grand et mince à l'allure distinguée avait été nommé au dernier moment vice-président par l'ex-raïs égyptien, le 29 janvier 2012, dans une tentative désespérée de sauver le régime. Le 10 février, Hosni Moubarak lui avait même délégué tous ses pouvoirs. Mais le lendemain, c'est un Omar Souleiman déconfit, le teint blafard, qui annonça d'une voix blanche la démission du président et le transfert de la direction du pays à un conseil militaire.

Cette brève apparition télévisée marqua la fin de sa carrière. Il essaya bien de se présenter in extremis à l'élection présidentielle, le 6 avril 2012, mais il ne réussit pas à réunir le nombre de signatures obligatoires. Une humiliation pour l'ancien chef des renseignements militaires, poste souvent synonyme de pouvoir quasi absolu dans les dictatures arabes. Surtout en Égypte, où l'armée dirigeait le pays depuis Nasser.

Il sauve la vie de Moubarak

Comme de nombreux officiers de sa génération, Souleiman suit d'abord les cours de l'École militaire du Caire avant de rejoindre l'Académie militaire de Frounzé, le Saint-Cyr soviétique. Mais c'est aussi un intellectuel, titulaire d'une maîtrise en sciences politiques de l'Université du Caire.
Combattant pendant les guerres contre Israël de 1967 et de 1973, il est nommé en 1993 chef des renseignements militaires. L'histoire de sa montée en puissance est connue du monde entier: en 1995, il sauve la vie du président Moubarak en l'obligeant à monter dans une voiture blindée au sommet africain d'Addis-Abeba. Le véhicule tombe dans une embuscade tendue par les Gemaah Islamiyah, le groupe djihadiste égyptien. Le président en réchappe et voue désormais à son chef espion une confiance totale.

Apprécié des Israéliens comme des Palestiniens

L'espion en chef sera ensuite de tous les dossiers, en toute discrétion. Son identité ne sera connue du public que très tardivement, et il était quasiment impossible de trouver une photo de lui avant 2005. Patient, infatigable, capable de négocier pendant une nuit entière sans faiblir, il était apprécié des Israéliens comme des Palestiniens, même si les pourparlers entre Fatah et Hamas, et entre Arafat et Israël, n'aboutirent à rien de concret.
Ennemi farouche des islamistes, il obtint des grands succès contre les Gemaah Islamiyah, qui finirent par rentrer dans le rang. Pour les États-Unis, il fut aussi l'inestimable allié du programme secret de délocalisation de la torture: nombre de suspects capturés en Afghanistan furent torturés en Égypte.
Lors de sa dernière interview, au journal égyptien Al Ahram, l'homme le mieux renseigné de la région prédisait un avenir sombre: un coup d'État de l'armée contre les Frères musulmans, son éternelle bête noire, qu'il accusait de préparer dans l'ombre une milice à l'iranienne.

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