Exclusif : Périlleuse odyssée
En mer avec des harragas
R Khazini
Pour la première fois dans les annales de la presse nationale indépendante, un journaliste algérien infiltre un réseau mafieux de passeurs. Il rapporte de son long périple, comment des jeunes gens ont frôlé à plusieurs reprises la mort. Il parle de cette dangereuse traversée et de toutes les misères subies par des hommes et des femmes. Il revient aussi avec des témoignages douloureux. Une véritable calamité. Enquête.
Des candidats à l’exil, de plus en plus nombreux chaque année, tentent de rejoindre l’Europe par mer. Une traversée dantesque, périlleuse et parfois mortelle. Pour la première fois dans les annales de la presse nationale, un journaliste algérien infiltre et «parasite» de l’intérieur un réseau mafieux de passeurs. Pour embarquer, il fallait à notre journaliste, soutenu par une personne qui a fait ses «adieux» à ce «milieu» mafieux, attendre un signe du «chef». Plusieurs fois le «patron» appelle notre journaliste, plusieurs fois, il est rappelé en cours de route, pour que lui soient fixés une autre date et un autre lieu d’embarquement, certainement, pour tromper «l’ennemi». Dellys, Cap-Djenet, Ténès, les plages de Sidi Salem (El-Bouni), d’Aïn Achir et de Rafès Zahouane (Annaba), ainsi que de Cap Rosa (El-Kala) ont été les lieux que devait rejoindre notre reporter, certainement, pour éviter tout risque de «fuite». La dernière fois, «la bonne», il a été informé quelques heures avant le grand départ. Il retourne avec des témoignages douloureux et accablants. Il a également parcouru des milliers de kilomètres dans le désert algérien pour suivre cette même filière de passeurs qui «s’approvisionnent» en migrants à partir de certains pays de l’Afrique subsaharienne, spécialement des femmes en détresse. Une filière bien rodée qui rapporte gros. Notre journaliste rapporte comment ces mêmes femmes venues dans les «bagages» de ce groupe maffieux sont versées dans le plus vieux métier du monde : la prostitution, avant de faire la traversée en mer après celle du désert (au sens propre et au sens figuré). Un réseau qui fait de ce trafic la troisième grande activité du crime organisé, juste après la drogue et les armes. Des parents de harragas parlent également à notre journaliste du vécu de leurs enfants. Certains sont morts quelque part, noyés dans les eaux de la mer Méditerranée. Une véritable calamité. Enquête.
Cousteau, Taliani, Lihoudi…
Traversée n Ibrahim C., un Ivoirien, Rafan D., un Malien, Souleymane M. un Sénégalais, Salem Z., un Algérien de Boufarik et bien d’autres, n’ont qu’un seul vœu, celui d’arriver vivants aux portes de l’Europe.
Il est 22 h en ce lundi, lorsque nous nous présentons au lieu du énième rendez-vous fixé par notre passeur : Une terrasse d’un restaurant du petit port de Bouharoun, à proximité des loges de pêcheurs, situées presque à la limite de cette infrastructure portuaire. La nuit est noire, sans lune, le vent souffle légèrement, faisant se lever quelques petites vagues.
A l’intérieur d’un chalutier, sans nom ni pavillon, une trentaine de harragas de différentes nationalités, en majorité des Algériens sont déjà là. Agglutinés et hagards, ils attendent depuis une dizaine de jours le grand départ vers ces côtes «clémentes» d’une Europe qui ne veut pas d’eux.
Les uns souffrent de la faim et d’autres parmi les citoyens de l’Afrique subsaharienne d’un début de déshydratation. Grâce à l’aide d’un ancien marin, qui est aussi notre protecteur dans cette traversée en mer, nous avons été épargnés de l’interrogatoire d’usage dans ce genre d’expédition, mais pas à la fouille.
C’est un extravagant individu aux cheveux gras mouillés, aux ongles crasseux, probablement quelqu’un à la «mode du milieu», des tatouages sur toutes les parties visibles du corps et cinq bracelets de perles au poignet droit, «Lihoudi», c’est son surnom, chez qui nous nous présentons à l’intérieur de la cabine pour une fouille au corps. Il est aidé par deux autres membres du réseau. L’un au teint olivâtre et arborant une barbichette d’adolescent à peine pubère se fait appeler «Cousteau», le nom du célèbre océanographe ; l’autre «Taliani», est du genre néo-mafieux à l’aspect dépressif, lunettes épaisses, blouson noir en cuir, le crâne rasé.
Il semble prendre soin de son hygiène. Après les salutations d’usage et la fouille, nous subissons tout de même un véritable interrogatoire de façon «diplomatique», portant sur les raisons pour lesquelles nous voulons quitter clandestinement le pays. Nous expliquons à notre interlocuteur que «c’est parce qu’on n’a pas pu obtenir, à plusieurs reprises, un visa afin de rejoindre nos proches en Espagne pour gérer un restaurant, propriété de la famille».
Une explication qui n’a pas tellement emballé le «patron», mais qui nous a permis quand même de faire le voyage grâce à notre «protecteur».
«Lihoudi, laisse la famille tranquille», lui lance-t-il avec un sourire en coin. «Il faut attendre que la mer soit belle pour prendre le départ», nous dit-il en répondant au téléphone à un certain «El-Guelmi». «J’ai trente clients et un parent à «Cobra» (ndlr. C’est le surnom de notre protecteur). Nous partirons probablement cette nuit si tout va bien. Je te tiendrai au courant avant de lever l’ancre», dit-il à son interlocuteur. Il est une heure passée en ce mardi légèrement pluvieux et glacial. C’est le grand rendez-vous avant une périlleuse odyssée. Après les consignes du «chef», les voyageurs passent une nouvelle fois l’un après l’autre à la fouille, sous le regard d’un Taliani armé d’un poing américain et d’un doberman tenu à l’aide d’une chaînette qui n’inspire pas confiance.
La joie de quitter les eaux de Bouharoun est visible sur chaque visage. Elle est de courte durée, puisque, l’embarcation surchargée, dérive sur les flots légèrement agités. Par un miracle inespéré, l’embarcation reprend sa position initiale. C’est alors que notre «ami» Malien, Rafan, sort un «joint» de son sac-à-dos d’écolier et nous propose de fumer avec lui. Une offre que nous refusons gentiment.
L’Ivoirien, Ibrahim, grignote un bout de pain que lui a offert Salem le Boufarikois. Cousteau, s’approchant de nous en décapsulant une cannette de bière, nous lance d’un air moqueur : «Qu’est-ce que tu écris ? Une lettre d’adieu à ta bien-aimée ?». «J’écris pour échapper au temps. Pour voyager dans le passé, me projeter dans le futur et oublier le présent», ai-je répondu. «Moi aussi j’écris, à mes moments perdus», rétorque celui qui m’affuble du titre de «philosophe» durant tout le voyage.
Rabah Khazini
R Khazini
Pour la première fois dans les annales de la presse nationale indépendante, un journaliste algérien infiltre un réseau mafieux de passeurs. Il rapporte de son long périple, comment des jeunes gens ont frôlé à plusieurs reprises la mort. Il parle de cette dangereuse traversée et de toutes les misères subies par des hommes et des femmes. Il revient aussi avec des témoignages douloureux. Une véritable calamité. Enquête.
Des candidats à l’exil, de plus en plus nombreux chaque année, tentent de rejoindre l’Europe par mer. Une traversée dantesque, périlleuse et parfois mortelle. Pour la première fois dans les annales de la presse nationale, un journaliste algérien infiltre et «parasite» de l’intérieur un réseau mafieux de passeurs. Pour embarquer, il fallait à notre journaliste, soutenu par une personne qui a fait ses «adieux» à ce «milieu» mafieux, attendre un signe du «chef». Plusieurs fois le «patron» appelle notre journaliste, plusieurs fois, il est rappelé en cours de route, pour que lui soient fixés une autre date et un autre lieu d’embarquement, certainement, pour tromper «l’ennemi». Dellys, Cap-Djenet, Ténès, les plages de Sidi Salem (El-Bouni), d’Aïn Achir et de Rafès Zahouane (Annaba), ainsi que de Cap Rosa (El-Kala) ont été les lieux que devait rejoindre notre reporter, certainement, pour éviter tout risque de «fuite». La dernière fois, «la bonne», il a été informé quelques heures avant le grand départ. Il retourne avec des témoignages douloureux et accablants. Il a également parcouru des milliers de kilomètres dans le désert algérien pour suivre cette même filière de passeurs qui «s’approvisionnent» en migrants à partir de certains pays de l’Afrique subsaharienne, spécialement des femmes en détresse. Une filière bien rodée qui rapporte gros. Notre journaliste rapporte comment ces mêmes femmes venues dans les «bagages» de ce groupe maffieux sont versées dans le plus vieux métier du monde : la prostitution, avant de faire la traversée en mer après celle du désert (au sens propre et au sens figuré). Un réseau qui fait de ce trafic la troisième grande activité du crime organisé, juste après la drogue et les armes. Des parents de harragas parlent également à notre journaliste du vécu de leurs enfants. Certains sont morts quelque part, noyés dans les eaux de la mer Méditerranée. Une véritable calamité. Enquête.
Cousteau, Taliani, Lihoudi…
Traversée n Ibrahim C., un Ivoirien, Rafan D., un Malien, Souleymane M. un Sénégalais, Salem Z., un Algérien de Boufarik et bien d’autres, n’ont qu’un seul vœu, celui d’arriver vivants aux portes de l’Europe.
Il est 22 h en ce lundi, lorsque nous nous présentons au lieu du énième rendez-vous fixé par notre passeur : Une terrasse d’un restaurant du petit port de Bouharoun, à proximité des loges de pêcheurs, situées presque à la limite de cette infrastructure portuaire. La nuit est noire, sans lune, le vent souffle légèrement, faisant se lever quelques petites vagues.
A l’intérieur d’un chalutier, sans nom ni pavillon, une trentaine de harragas de différentes nationalités, en majorité des Algériens sont déjà là. Agglutinés et hagards, ils attendent depuis une dizaine de jours le grand départ vers ces côtes «clémentes» d’une Europe qui ne veut pas d’eux.
Les uns souffrent de la faim et d’autres parmi les citoyens de l’Afrique subsaharienne d’un début de déshydratation. Grâce à l’aide d’un ancien marin, qui est aussi notre protecteur dans cette traversée en mer, nous avons été épargnés de l’interrogatoire d’usage dans ce genre d’expédition, mais pas à la fouille.
C’est un extravagant individu aux cheveux gras mouillés, aux ongles crasseux, probablement quelqu’un à la «mode du milieu», des tatouages sur toutes les parties visibles du corps et cinq bracelets de perles au poignet droit, «Lihoudi», c’est son surnom, chez qui nous nous présentons à l’intérieur de la cabine pour une fouille au corps. Il est aidé par deux autres membres du réseau. L’un au teint olivâtre et arborant une barbichette d’adolescent à peine pubère se fait appeler «Cousteau», le nom du célèbre océanographe ; l’autre «Taliani», est du genre néo-mafieux à l’aspect dépressif, lunettes épaisses, blouson noir en cuir, le crâne rasé.
Il semble prendre soin de son hygiène. Après les salutations d’usage et la fouille, nous subissons tout de même un véritable interrogatoire de façon «diplomatique», portant sur les raisons pour lesquelles nous voulons quitter clandestinement le pays. Nous expliquons à notre interlocuteur que «c’est parce qu’on n’a pas pu obtenir, à plusieurs reprises, un visa afin de rejoindre nos proches en Espagne pour gérer un restaurant, propriété de la famille».
Une explication qui n’a pas tellement emballé le «patron», mais qui nous a permis quand même de faire le voyage grâce à notre «protecteur».
«Lihoudi, laisse la famille tranquille», lui lance-t-il avec un sourire en coin. «Il faut attendre que la mer soit belle pour prendre le départ», nous dit-il en répondant au téléphone à un certain «El-Guelmi». «J’ai trente clients et un parent à «Cobra» (ndlr. C’est le surnom de notre protecteur). Nous partirons probablement cette nuit si tout va bien. Je te tiendrai au courant avant de lever l’ancre», dit-il à son interlocuteur. Il est une heure passée en ce mardi légèrement pluvieux et glacial. C’est le grand rendez-vous avant une périlleuse odyssée. Après les consignes du «chef», les voyageurs passent une nouvelle fois l’un après l’autre à la fouille, sous le regard d’un Taliani armé d’un poing américain et d’un doberman tenu à l’aide d’une chaînette qui n’inspire pas confiance.
La joie de quitter les eaux de Bouharoun est visible sur chaque visage. Elle est de courte durée, puisque, l’embarcation surchargée, dérive sur les flots légèrement agités. Par un miracle inespéré, l’embarcation reprend sa position initiale. C’est alors que notre «ami» Malien, Rafan, sort un «joint» de son sac-à-dos d’écolier et nous propose de fumer avec lui. Une offre que nous refusons gentiment.
L’Ivoirien, Ibrahim, grignote un bout de pain que lui a offert Salem le Boufarikois. Cousteau, s’approchant de nous en décapsulant une cannette de bière, nous lance d’un air moqueur : «Qu’est-ce que tu écris ? Une lettre d’adieu à ta bien-aimée ?». «J’écris pour échapper au temps. Pour voyager dans le passé, me projeter dans le futur et oublier le présent», ai-je répondu. «Moi aussi j’écris, à mes moments perdus», rétorque celui qui m’affuble du titre de «philosophe» durant tout le voyage.
Rabah Khazini
samedi 24 septembre 2011
Exclusif : Périlleuse odyssée En mer avec des harragas R Khazini Pour la première fois dans les annales de la presse nationale indépendante, un journaliste algérien infiltre un réseau mafieux de passeurs. Il rapporte de son long périple, comment des jeunes gens ont frôlé à plusieurs reprises la mort. Il parle de cette dangereuse traversée et de toutes les misères subies par des hommes et des femmes. Il revient aussi avec des témoignages douloureux. Une véritable calamité. Enquête. Des candidats à l’exil, de plus en plus nombreux chaque année, tentent de rejoindre l’Europe par mer. Une traversée dantesque, périlleuse et parfois mortelle. Pour la première fois dans les annales de la presse nationale, un journaliste algérien infiltre et «parasite» de l’intérieur un réseau mafieux de passeurs. Pour embarquer, il fallait à notre journaliste, soutenu par une personne qui a fait ses «adieux» à ce «milieu» mafieux, attendre un signe du «chef». Plusieurs fois le «patron» appelle notre journaliste, plusieurs fois, il est rappelé en cours de route, pour que lui soient fixés une autre date et un autre lieu d’embarquement, certainement, pour tromper «l’ennemi». Dellys, Cap-Djenet, Ténès, les plages de Sidi Salem (El-Bouni), d’Aïn Achir et de Rafès Zahouane (Annaba), ainsi que de Cap Rosa (El-Kala) ont été les lieux que devait rejoindre notre reporter, certainement, pour éviter tout risque de «fuite». La dernière fois, «la bonne», il a été informé quelques heures avant le grand départ. Il retourne avec des témoignages douloureux et accablants. Il a également parcouru des milliers de kilomètres dans le désert algérien pour suivre cette même filière de passeurs qui «s’approvisionnent» en migrants à partir de certains pays de l’Afrique subsaharienne, spécialement des femmes en détresse. Une filière bien rodée qui rapporte gros. Notre journaliste rapporte comment ces mêmes femmes venues dans les «bagages» de ce groupe maffieux sont versées dans le plus vieux métier du monde : la prostitution, avant de faire la traversée en mer après celle du désert (au sens propre et au sens figuré). Un réseau qui fait de ce trafic la troisième grande activité du crime organisé, juste après la drogue et les armes. Des parents de harragas parlent également à notre journaliste du vécu de leurs enfants. Certains sont morts quelque part, noyés dans les eaux de la mer Méditerranée. Une véritable calamité. Enquête. Cousteau, Taliani, Lihoudi… Traversée n Ibrahim C., un Ivoirien, Rafan D., un Malien, Souleymane M. un Sénégalais, Salem Z., un Algérien de Boufarik et bien d’autres, n’ont qu’un seul vœu, celui d’arriver vivants aux portes de l’Europe. Il est 22 h en ce lundi, lorsque nous nous présentons au lieu du énième rendez-vous fixé par notre passeur : Une terrasse d’un restaurant du petit port de Bouharoun, à proximité des loges de pêcheurs, situées presque à la limite de cette infrastructure portuaire. La nuit est noire, sans lune, le vent souffle légèrement, faisant se lever quelques petites vagues. A l’intérieur d’un chalutier, sans nom ni pavillon, une trentaine de harragas de différentes nationalités, en majorité des Algériens sont déjà là. Agglutinés et hagards, ils attendent depuis une dizaine de jours le grand départ vers ces côtes «clémentes» d’une Europe qui ne veut pas d’eux. Les uns souffrent de la faim et d’autres parmi les citoyens de l’Afrique subsaharienne d’un début de déshydratation. Grâce à l’aide d’un ancien marin, qui est aussi notre protecteur dans cette traversée en mer, nous avons été épargnés de l’interrogatoire d’usage dans ce genre d’expédition, mais pas à la fouille. C’est un extravagant individu aux cheveux gras mouillés, aux ongles crasseux, probablement quelqu’un à la «mode du milieu», des tatouages sur toutes les parties visibles du corps et cinq bracelets de perles au poignet droit, «Lihoudi», c’est son surnom, chez qui nous nous présentons à l’intérieur de la cabine pour une fouille au corps. Il est aidé par deux autres membres du réseau. L’un au teint olivâtre et arborant une barbichette d’adolescent à peine pubère se fait appeler «Cousteau», le nom du célèbre océanographe ; l’autre «Taliani», est du genre néo-mafieux à l’aspect dépressif, lunettes épaisses, blouson noir en cuir, le crâne rasé. Il semble prendre soin de son hygiène. Après les salutations d’usage et la fouille, nous subissons tout de même un véritable interrogatoire de façon «diplomatique», portant sur les raisons pour lesquelles nous voulons quitter clandestinement le pays. Nous expliquons à notre interlocuteur que «c’est parce qu’on n’a pas pu obtenir, à plusieurs reprises, un visa afin de rejoindre nos proches en Espagne pour gérer un restaurant, propriété de la famille». Une explication qui n’a pas tellement emballé le «patron», mais qui nous a permis quand même de faire le voyage grâce à notre «protecteur». «Lihoudi, laisse la famille tranquille», lui lance-t-il avec un sourire en coin. «Il faut attendre que la mer soit belle pour prendre le départ», nous dit-il en répondant au téléphone à un certain «El-Guelmi». «J’ai trente clients et un parent à «Cobra» (ndlr. C’est le surnom de notre protecteur). Nous partirons probablement cette nuit si tout va bien. Je te tiendrai au courant avant de lever l’ancre», dit-il à son interlocuteur. Il est une heure passée en ce mardi légèrement pluvieux et glacial. C’est le grand rendez-vous avant une périlleuse odyssée. Après les consignes du «chef», les voyageurs passent une nouvelle fois l’un après l’autre à la fouille, sous le regard d’un Taliani armé d’un poing américain et d’un doberman tenu à l’aide d’une chaînette qui n’inspire pas confiance. La joie de quitter les eaux de Bouharoun est visible sur chaque visage. Elle est de courte durée, puisque, l’embarcation surchargée, dérive sur les flots légèrement agités. Par un miracle inespéré, l’embarcation reprend sa position initiale. C’est alors que notre «ami» Malien, Rafan, sort un «joint» de son sac-à-dos d’écolier et nous propose de fumer avec lui. Une offre que nous refusons gentiment. L’Ivoirien, Ibrahim, grignote un bout de pain que lui a offert Salem le Boufarikois. Cousteau, s’approchant de nous en décapsulant une cannette de bière, nous lance d’un air moqueur : «Qu’est-ce que tu écris ? Une lettre d’adieu à ta bien-aimée ?». «J’écris pour échapper au temps. Pour voyager dans le passé, me projeter dans le futur et oublier le présent», ai-je répondu. «Moi aussi j’écris, à mes moments perdus», rétorque celui qui m’affuble du titre de «philosophe» durant tout le voyage. Rabah Khazini
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