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mercredi 28 septembre 2011

De nombreux juifs d´origine espagnole ou portugaise établis à Livourne entretenaient des relations commerciales avec la Tunisie,

Aux XVIIe et XVIIIe siècles, les juifs faisaient toujours l´objet de mesures discriminatoires : la chechia qui leur servait de coiffe devait être de couleur noire à la différence de celle des musulmans, rouge. Les juifs italiens qui s´habillaient à l´européenne, portaient des chapeaux ronds comme les marchands chrétiens mais au début du XIXe un bey leur imposa le port d´une calotte blanche. Les juifs étaient toujours astreints au paiement de la capitation. Ils devaient s´acquitter d´impositions supplémentaires chaque fois que le Trésor du prince était en difficulté. De plus, ils étaient périodiquement requis d´accomplir des travaux d´utilité publique et se voyaient imposer des corvées. A la fin du XVIIIe Hammouda Bey alla jusqu´à leur dénier le droit d´acquérir et de posséder des propriétés immobilières.

De nombreux juifs d´origine espagnole ou portugaise établis à
Livourne entretenaient des relations commerciales avec la Tunisie, où certains venaient résider et faire souche. Ces « Livournais » ou Grana se firent de plus en plus nombreux au cours du XVIIe siècle et prirent une large part aux activités de la population juive. Comme dans le passé ils pouvaient professer leur religion sans entraves, s´organiser en communautés pour faire face à toutes leurs dépenses en matière de culte et d´assistance. Cependant, confinés avec les juifs indigènes dans les venelles étroites de la hara de Tunis, les Livournais supportent mal cette promiscuité. La méfiance des autochtones à leur endroit et les incompatibilités de moeurs seront à la source d´une séparation de fait des deux communautés en présence, les Twansa (ou Tunisiens) d´un côté, les Grana (ou Livournais) de l´autre. Véritable schisme qui aura lieu en 1741 : chaque communauté aura désormais ses synagogues, ses écoles, ses boucheries rituelles, son tribunal rabbinique, sa caisse de secours et son cimetière. Dans les autres villes de Tunisie, toutefois, les mêmes institutions communautaires continuèrent à servir l´ensemble de tous les fidèles.

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