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mercredi 1 juin 2011

Les révoltes arabes représentent un formidable appel d´air à destination des ONG de toutes sortes,

Les révoltes arabes représentent un formidable appel d´air à destination des ONG de toutes sortes, notamment celles de défense des droits de l´homme, dans la mesure où les dirigeants de certains pays du Moyen-Orient n´ont pas de position personnelle sur la question lorsqu´ils ne sont pas franchement liberticides. La célébration du cinquantenaire de la fondation d´Amnesty International, officiellement née le 28 mai 1961, par la publication, dans le journal britannique The Observer, d´une tribune dans laquelle Peter Benenson appelait l´opinion mondiale à se mobiliser pour obtenir la libération des personnes emprisonnées et torturées pour leurs idées, est l´occasion rêvée pour les défenseurs des droits de l´homme de donner un nouveau souffle à leur combat. Le tableau noir des droits de l´homme est-il peint d´une autre couleur en Algérie? Des avocats sont invités à la présidence de la République pour dire ce qu´ils en pensent. Maître Brahimi et Maître Boudiaf ont été reçus hier par Abdelkader Bensalah. Avant eux, c´était à Maître Ksentini, président de la Commission nationale consultative pour la protection des droits de l´homme (Cncppdh) de réclamer une plus grande protection pour la démocratie en allant jusqu´à proposer d´en attribuer le rôle à l´armée pour ne pas trahir l´exemple turc. L´idée de Farouk Ksentini est un bon moyen de couper l´herbe sous les pieds de ceux qui, il est vrai peu nombreux, ne cessent d´appeler au putsch. L´Etat commence à répondre aux doléances des forces politiques qui ont réclamé davantage de libertés: la récente levée de l´état d´urgence est censée s´inscrire dans cet esprit. Cela demeure insuffisant aux yeux de nombreux acteurs. Les sceptiques n´attendent rien du train de réformes lancé par le président de la République. Ce train vient de quitter la gare et il n´arrivera à destination qu´à la fin de 2012, voire en 2013, lorsque la Constitution sera révisée. A ce moment-là, il serait opportun de juger si le projet a enfanté le plus revendiqué ou s´est dirigé vers l´impasse. Espérons, toutefois, que la seconde éventualité ne soit pas de la partie. Des reculs, il y en a eu tellement qu´il n´est nul besoin d´en rajouter. Exemple: les jugements rendus dans les années 1960 sont meilleurs que ceux rendus actuellement, selon Maître Farouk Ksentini. S´il est plus ou moins aisé de voir des langues se délier sur la question des droits de l´homme en Algérie, il en est tout autrement lorsqu´il s´agit d´aborder la situation dans les pays limitrophes. Certains se posent la question de savoir pourquoi il faut en parler. «Il n´y a pas de conflit qui n´ait de répercussions sur les voisins», a affirmé Lakhdar Brahimi, lors de sa dernière apparition publique à l´Entv. Le diplomate a pris soin d´opérer un distinguo avec l´ingérence dans les affaires intérieures des pays souverains. Or, voilà justement la difficulté qui empêche nos politiques de s´avancer sur ce terrain. Même Ahmed Ouyahia l´a rappelé, toujours sur le plateau de télévision. Avec le risque de voir des puissances étrangères s´installer à nos frontières. Tout l´art de la diplomatie consiste à naviguer dans un contexte de paradoxes dont l´issue reste toutefois, incertaine.

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