Guerre au Mali : l’Algérie parée à toute éventualité
Guerre au Mali : l’Algérie parée à toute éventualité
Des Mig 29 en patrouille. D. R.
La France vient de déclarer officiellement qu’elle est décidée à
appuyer militairement l’armée malienne dans sa tentative de repousser la
progression des groupes terroristes qui ont lancé une vaste offensive
du Nord vers le Sud. Techniquement, la France est déjà engagée dans
cette guerre qui ne dit pas son nom, puisque ses troupes spéciales sont
sur le terrain depuis bien longtemps. La nouveauté est qu’aujourd’hui,
la France, qui s’est toujours cachée derrière la Communauté économique
des Etats de l’Afrique de l’ouest (Cédéao), assume publiquement son
implication dans cette guerre qui est loin de ses frontières. Pour ne
pas heurter les sensibilités des uns et des autres, elle dit avoir
seulement répondu aux appels de détresse du président malien Dioncounda
Traoré pour repousser l'offensive des groupes armés islamistes. La
France a ainsi participé aujourd’hui même à la contre-offensive de
l'armée malienne. Une opération qui a été confirmée par un haut
responsable malien. «Des militaires européens, dont des Français, sont
opérationnels au Mali pour repousser toute avancée des islamistes vers
le sud du pays», a affirmé ce même responsable malien qui a refusé
cependant de révéler leur nombre, ni où ils sont, ni le matériel qu'ils
ont. Les Français expliquent cette intervention par l’urgence de la
situation qui ne pouvait pas attendre le déploiement de la force
africaine prévue par le Conseil de sécurité. Ce dernier, réuni ce jeudi,
a appelé au déploiement rapide de cette force militaire en appui à
l’armée régulière malienne pour repousser les groupes terroristes qui se
rapprochent de la capitale Bamako. Outre faire face à l’urgence, la
France dit plaider pour la poursuite des efforts pour une solution
politique à la crise malienne qui persiste depuis le coup d’Etat de mars
2012. Des efforts que l’Algérie continue de déployer en organisant
aujourd’hui même une rencontre à Adrar regroupant le Mouvement de
libération des Azaouad et le mouvement Ansar Dine. Cette rencontre s’est
déroulée sous l’égide du cheikh de la zaouïa Moulay Touhami Ghitaoui.
L’Algérie reste, en effet, convaincue que la discorde n’engendre
qu’instabilité et souffrances. Les parties doivent ainsi se réconcilier
pour garantir les droits de toutes les catégories du peuple malien à
vivre dans la fraternité sans exclusive ou marginalisation. En plus des
efforts pour une solution politique, l’Algérie, qui n’a jamais exclu le
recours à la force militaire pour éliminer les groupes terroristes
(Mujao et Aqmi) du Mali, semble ainsi prête pour la guerre. Ses
frontières sont totalement sécurisées grâce à un important redéploiement
de l’ANP. Le ministre de l’Intérieur, Daho Ould Kablia, l’avait même
déclaré récemment lors d’un déplacement au sud du pays. Une manière de
dire que l’Algérie est parée à toute éventualité. Maintenant que les
frontières sont sécurisées, la guerre contre les groupes terroristes
n’inquiète donc pas beaucoup l’Algérie. Surtout que le foyer des
affrontements s’est éloigné de milliers de kilomètres du nord Mali en se
situant à mi-chemin de Bamako. L’Algérie, qui a réussi à séparer le
mouvement Ansar Dine des groupes terroristes Mujao et Aqmi, n’abandonne
pas la solution politique, qui est la seule à même de ramener la
stabilité et la paix dans la région
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire